Télétravail | Le dilemme de la chaise de bureau | La Presse

2022-06-09 08:25:27 By : gongxian zheng

La chaise de « bureau » à la maison est utilisée plus qu’on ne le croyait il y a 19 mois…

Ce qui s’annonçait temporaire devient une réalité pour bon nombre de travailleurs : à temps plein ou en mode hybride, le bureau s’invite à la maison pour ne plus en sortir. Ce changement impose un réaménagement adéquat des espaces de vie, avec le casse-tête qui l’accompagne, notamment en matière de siège. Mais peut-on vraiment conjuguer design et ergonomie de travail en une même chaise ? Telle est la question.

Une bonne chaise de travail est la pierre angulaire qui fait souvent défaut dans l’aménagement du « 9 à 5 » à domicile, et ce, après un an et demi de télétravail en pandémie.

Que ce soit par manque d’espace, pour travailler dans l’endroit le plus agréable de la maison, ou encore par souci esthétique (avouons qu’une chaise ergonomique peut casser un décor), certaines installations demeurent bancales, comme nous l’avons constaté en prenant le pouls auprès de collègues qui travaillent régulièrement, si ce n’est en tout temps, équipés d’une chaise de cuisine et de mobilier de maison. Est-ce mal ?

Nous avons présenté des chaises utilisées par nos collègues à trois spécialistes de l’ergonomie. On y trouve plusieurs modèles tirés du mobilier de la salle à manger, des tabourets et une chaise de bureau fixe de type coquille. Aucune n’est à condamner ou à valider sans regard pour les mensurations de son utilisateur et le contexte de travail, précisent-ils. Mais aucune ne semble adaptée à un travail prolongé à l’écran : toutes ont un support lombaire insuffisant, une absence d’appuis-bras, des assises parfois trop profondes qui obligent l’utilisateur à travailler sur le bout de sa chaise. Dans le cas du tabouret, l’absence de dossier est problématique et fait en sorte qu’on compensera en mettant trop de pression sur les avant-bras, tandis que l’étrier entraîne une flexion des genoux.

Optimiser notre chaise au moyen d’accessoires peut être une solution.

Si on ne peut faire autrement, il faudrait optimiser ces chaises au moyen d’accessoires et limiter leur utilisation en variant régulièrement les stations de travail — debout à l’îlot, par exemple, suggèrent les experts consultés. À noter : la majorité de ces chaises sont utilisées pour travailler à une table de cuisine, donc à une surface de travail plus haut perchée qu’un bureau standard. Par conséquent, l’utilisateur devra forcément augmenter la hauteur de son assise et probablement de son appui-pieds.

« Une chaise n’est pas ergonomique en soi, peu importe le modèle. Elle le devient parce qu’on y est convenablement assis ou qu’elle s’ajuste pour qu’on le soit », explique Miguel Laurin, ergonome associé chez Intergo.

Le problème du mobilier de maison est la standardisation. Pour une utilisation ponctuelle, comme au moment des repas, ce n’est pas un enjeu, mais ça le devient si on utilise une chaise plusieurs heures par jour.

Miguel Laurin, ergonome associé chez Intergo

Attention aux maux de dos provoqués par des chaises mal adaptées !

Un mauvais équipement de travail et une position statique provoquent un inconfort et une fatigue, mais peuvent vite dégénérer en troubles musculo-squelettiques au cou, au dos, aux bras, prévient l’ergonome et ergothérapeute Pascaline Eloy, de la firme de consultation en ergonomie Eloy Ergo, dont elle est la fondatrice.

Si une chaise ne peut s’ajuster à la morphologie de l’utilisateur comme le fait un modèle ergonomique, elle doit alors être naturellement compatible avec ses mensurations. Dans le cas contraire, des accessoires devront être utilisés pour obtenir une posture de travail convenable : un ou deux coussins glissés sous les fesses, une serviette roulée dans le bas du dos, une base stable placée sous les pieds.

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DE SPASUPPLY

Le siège ObusForme permet de transformer une chaise standard en assise ergonomique. Le siège et le dossier peuvent être utilisés séparément (159 $, chez Spasupply.ca).

Veut-on cependant passer son temps à gérer ces accessoires à chaque mouvement et y pensera-t-on dans le feu de l’action ? Un support ergonomique comme l’ObusForme simplifie la tâche, selon l’ergonome et ergothérapeute Isabelle Gagnon, aussi chargée de cours en ergonomie et en innovation au département des relations industrielles de l’Université Laval. « En position assise, la région lombaire s’affaisse, ce qui crée une grande pression sur les vertèbres et un inconfort. Avoir un bon support pour le dos est essentiel », affirme-t-elle.

PHOTO KATARZYNA BIALASIEWICZ, GETTY IMAGES

Allier esthétisme et ergonomie n’est pas toujours évident.

Dans une volonté de combiner esthétisme et confort au travail, nous avons présenté à nos experts cinq modèles de chaises proposés dans la section bureau de magasins en ligne et dans différentes gammes de prix. Mis à part certains modèles qui se règlent en hauteur, peu s’en tirent avec une mention « passable ».

« Tout revient à cette question : combien de temps passez-vous assis à travailler ? interroge Mme Eloy. Ici, le confort semble avoir été considéré, mais ces chaises manquent d’options pour être appropriées dans le cadre d’une période de travail prolongée. »

PHOTO TIRÉE DU SITE D’EQ3

Ce modèle réglable en hauteur d’EQ3 est celui qui s’en tire le mieux dans les critiques, bien qu’on aurait aimé y voir des appuis-bras (Nixon, 499 $).

PHOTO TIRÉE DU SITE D’IKEA

Cette chaise réglable en hauteur de chez IKEA pourrait convenir pour certains, mais sera trop petite pour d’autres. Les appuis-bras risquent par ailleurs d’interférer avec la surface de travail (Fjällberget, 239 $).

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DE MOBILIA

Les accoudoirs de cette chaise à base pivotante de chez Mobilia (Nolan, 359 $) ne semblent pas offrir beaucoup de confort et de support. La hauteur n’est pas réglable et le support lombaire est insuffisant.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE NÜSPACE

Cette chaise de Nüspace offre une hauteur variable (Radius, 525 $), mais ses accoudoirs, trop écartés et hauts, ne sont pas optimaux.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE ROCHE BOBOIS

Les accoudoirs de cette chaise à piètement pivotant de Roche Bobois (Colette, 2195 $) semblent inconfortables et risquent d’interférer avec la surface de travail. Le dossier, très droit, ne peut soutenir adéquatement le dos.

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DE BOCONCEPT

Cette chaise de salle à manger, proposée également dans la section bureau de BoConcept (Vienna, 1629 $), offre des accoudoirs trop écartés et un dos très droit. Elle ne peut non plus être réglée en hauteur.

Les accoudoirs, lorsqu’ils sont présents, semblent souvent inconfortables, certains risquent d’interférer avec la surface de travail ou sont trop écartés l’un de l’autre pour permettre un bon positionnement des bras près du corps. Toutes exigeront probablement un support lombaire additionnel. Notons que l’option de base pivotante et les roulettes sont pratiques, mais ne sont pas des arguments évalués d’un point de vue ergonomique, à moins de travailler sur un bureau en coin et de faire un usage constant de plusieurs surfaces de travail.

Aucune chaise destinée au travail ne peut être aveuglément évaluée hors contexte. L’achat en ligne est par le fait même risqué. Mieux vaut tester d’abord le matériel en gardant en tête la posture de travail recherchée, suggèrent les experts.

Les facteurs les plus importants à considérer sont le dossier, qui devrait soutenir le dos et sa partie lombaire, ainsi que la hauteur de l’assise. Les bras devraient être appuyés sur la surface de travail ou sur des accoudoirs, pour éviter des tensions. Ces derniers sont donc un plus, voire un élément essentiel, selon le rapport chaise-table et la corpulence de l’utilisateur qui pourrait se trouver à l’étroit avec des appuis-bras.

Au bout du compte, une chaise adéquate allège la pression sur certaines parties du corps, sans tiraillement, et permet de maintenir une posture neutre autant que possible, même si une certaine marge de manœuvre est normale et même souhaitable pour ne pas s’ankyloser. Évidemment, pour obtenir cette posture idéale, on ne peut faire abstraction de la surface sur laquelle on travaille.

« Si tous les critères sont respectés, il est possible d’obtenir une meilleure position de travail avec une chaise standard qu’avec une chaise ergonomique mal ajustée à ses mensurations ou à la surface de travail », indique Miguel Laurin. Mais encore faut-il la trouver !

PHOTO STEFAN TOMIC, GETTY IMAGES

Il faut faire des pauses de temps à autre !

Le temps passé devant les écrans a augmenté pour 90 % des Québécois depuis le début de la pandémie, selon un sondage réalisé il y a quelques mois par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

« Nous ne sommes pas conçus pour une vie aussi sédentaire ni pour passer des heures assis, sans bouger », souligne Pascaline Eloy, de la firme de consultation en ergonomie Eloy Ergo.

Des pauses de 30 secondes à 2 minutes à marcher sont nécessaires toutes les 45 à 60 minutes, périodes au-delà desquelles on commence à voir apparaître une diminution de la circulation sanguine et un ankylosage au niveau du dos et des hanches, peu importe sa chaise.

« Quand on sent qu’on est fatigué en fin de journée, c’est souvent la cause. On a alors besoin d’une longue période de dynamisation », indique Miguel Laurin, ergonome associé chez Intergo.

Il est préférable d’aller chercher des petites pauses régulières à bouger que d’en faire une grande et d’accumuler une dette de fatigue.

Miguel Laurin, ergonome associé chez Intergo

Il est vrai qu’en milieu de travail, les occasions d’être mobiles sont plus nombreuses, mais le fait de travailler de la maison peut être un net avantage sur le plan ergonomique. Qui se plaindra qu’on se promène en parlant au téléphone ou qu’on change régulièrement de surface de travail pour être debout ou assis selon nos tâches ? fait remarquer Pascaline Eloy. « Le travail à la maison permet cette flexibilité. Un îlot et une étagère peuvent très bien être utilisés pour varier les positions de travail. Dynamiser le travail est crucial. »

Si une bonne chaise de bureau est un élément essentiel pour travailler sept heures à l’écran, aucune — même la mieux adaptée — ne peut compenser de mauvaises habitudes de travail. « Prendre régulièrement des pauses sera toujours plus aidant que de faire un investissement massif dans une chaise en restant statique, souligne Miguel Laurin, même si l’idéal est évidemment d’avoir les deux ! »

Des applications gratuites pour se rappeler qu’il est l’heure de prendre une courte pause et de se dégourdir en s’étirant et en marchant.

Ce programme vous rappelle de prendre une micropause ou une pause plus longue selon l’intervalle. Il affichera une fenêtre contextuelle à l’écran de votre ordinateur et vous proposera quelques exercices animés.

Rudimentaire, l’application a le mérite d’être simple en vous envoyant une notification pour vous inviter à vous lever, à la fréquence que vous aurez déterminée.

Comme la précédente, elle offre la possibilité de mettre des alertes aux intervalles souhaités.

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